Le félin
03/07/12 16:50

Le lynx pourrait cesser d'être le félin le plus menacé du monde

L'Union pour le Conservation de la Nature envisage d'abaisser sa catégorie de protection de « danger critique » à « en danger »
Le chercheur Urs Breitenmoser.

L'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) est en train d'étudier la possibilité d'abaisser la catégorie de protection du lynx ibérique, c'est-à-dire que si elle se trouve actuellement « en danger critique », on est en train de débattre pour la faire passer à la catégorie « en danger » d'extinction, et tout cela grâce aux tâches de conservation du félin le plus menacé de la planète en Andalousie.

Le coprésident de l'UICN également président du Groupe spécialiste en félins et chercheur senior de l'Institut de Virologie Vétérinaire de Berne (Suisse), Urs Breitenmoser, a évalué l'évolution des tâches de conservation du lynx ibérique en Andalousie comme « très bonne ».

En ce sens, il a signalé que lors de sa visite sur le terrain, où on travaille avec l'espèce, il a pu vérifier en première ligne l'opinion des techniciens qui travaillent à la conservation du lynx ibérique et , après ces quelques jours, « je peux dire que je suis réellement content du travail qui est fait en Andalousie ».

Pour Breitenmoser, il est « particulièrement significatif » que les deux grandes populations de lynx ibérique, Doñana-Aljarafe et Sierra Morena (Andújar-Cardeña), augmentent depuis des années, que dans les deux zones de réintroduction à Cordoue (Guadalmellato) et à Jaén (Guarrizas), celles-ci soient perçues comme des zones où, si les choses continuent comme jusqu'à présent et si l'évolution continue à être positive, « on accueillera bientôt plus de lynx ».

D'un autre côté, il a souligné le rôle tellement « important » du Programme d'Élevage en Captivité ex-situ dans la conservation du lynx ibérique, avec une contribution continue et significative d'individus pour la réintroduction dans le milieu naturel.

En résumé, il résulte que les trois piliers de la conservation du lynx ibérique, la population sauvage, la réintroduction et le programme d'élevage en captivité, ont démontré une évolution stupéfiante.

En raison de tout ceci, il a annoncé que l'UICN « s'interroge sur la possibilité d'abaisser la catégorie de protection du lynx ibérique de « en danger critique » à « en danger » d'extinction. Il ne s'est pas étendu davantage sur le sujet étant donné qu'il convient d'analyser toutes les données scientifiques.

«Il reste encore beacoup a faire»

Breitenmoser, qui collabore avec le Ministère de l'Environnement dans la conservation du lynx ibérique depuis l'année 2001 et a participé à la création de stratégies de conservation, comme le plan de réintroduction du lynx en Andalousie, a qualifié cette nouvelle de «stupéfiante », étant donné que le fait de s'interroger sur cette possibilité d'abaissement était « inimaginable » il y a dix ans, alors que« nous aurions tous rêvé de cette possibilité ».

Cependant, il a signalé qu'il « n'aimerait pas que cette possibilité soit mal interprétée », vu qu'une espèce en voie d'extinction n'est pas un animal dont la conservation ne court aucun risque, que du contraire. Dans le même ordre d'idée, il a rappelé que « le travail qui a été fait n'est qu'une petite partie de ce qu'il nous reste encore à faire ».

D'un autre côté, le coprésident del'UICN, qui a été impliqué dans des projets de recherche sur l'écologie en rapport avec les carnivores durant 25 ans, a estimé que l'appui social à ce projet de conservation est une des zones d'action dans lesquelles il faut persévérer « avec la même intensité » que cela se fait sur le terrain, vu qu'un des défis du projet Life-Lince est de parvenir à l'expansion de l'espèce.

La prochaine étape dans la conservation du lynx doit être d'augmenter les zones occupées par les lynx, « pas seulement pour qu'il soit nécessaire » qu'on donne une série de conditions écologiques, mais pour que la population locale « soit disposée à les accueillir ».

La conservation crée de l'emploi

A ce sujet, le chercheur suisse s'est dit confiant sur le travail qui est effectué au vu des résultats attendus et que la population locale parvient à comprendre que ce projet leur offre des opportunités de progrès et de développement, et donc que la conservation d'une espèce unique dans le monde « peut aussi générer des postes de travail ».

Ainsi, il a indiqué qu'en période de difficultés économiques il est, « d'autant plus important qu'avant », que la société reçoive des messages positifs comme celui-ci, qui découlent d'une initiative de conservation qui génère aussi de l'emploi.

« Il est important que les gens parlent de l'Espagne pas seulement comme d'un pays qui dispose de l'équipe championne du Monde de football », a plaisanté Breitenmoser, qui a continué affirmant que « le programme de conservation doit aussi se voir du point de vue économique et être mis en relation avec les opportunités de développement qu'il offre ».

Il a aussi commenté que pour l'Espagne, un destin touristique mondial avec une industrie de ce type qui génère beaucoup de ressources et vit non seulement d'offrir de bons services, mais aussi d'offrir une bonne image aux autres pays, et développer un projet aussi ambitieux que celui de la conservation du lynx est « une opportunité excellente pour donner une image excellente à tout le monde ».

Lapins, une connexion territoriale et des debordements

Selon l'opinion du coprésident de l'UICN, les principaux risques pour l'espèce féline demeurent « les mêmes qu'il y a des années », à savoir, le manque de lapins – principal aliment du lynx- et la fragmentation de ses territoires.

Cependant, il a prévenu que, ces dernières années, est apparu un risque nouveau, dérivé des problèmes qu'implique pour la conservation de l'espèce le grand nombre d'acteurs et d'institutions qui travaillent à la conservation du lynx et qui, obligatoirement, doivent se mettre d'accord pour obtenir un consensus dans les mesures à mettre en exécution.

« La coordination entre les administrations n'est pas une menace mais plutôt un défi », a souligné Breitenmoser. Néanmoins, il a spécialement mentionné les débordements dont souffrent les exemplaires de lynx. « L'accroissement de l'espèce et ses mouvements naturels à la recherche de nouvelles zones d'expansion entraîne davantage de débordements », a-t-il signalé.

En ce qui concerne le futur de l'espèce, le coprésident de l'UICN a souligné qu'il est « définitivement meilleur qu'il y a dix ans », vu qu'ont été faits « deux ou trois pas qui nous éloignent de l'abîme auquel l'espèce paraissait vouée il y a une décennie », ce qui démontre que le travail développé l'a été dans la bonne direction ». Cependant, il annonce « qu'il reste encore beaucoup de travail à faire ».

Breitenmoser a visité cette semaine l'Andalousie pour connaître à la source les travaux de conservation et de récupération du lynx. Ainsi, entre les réunions ayant lieu avec les différents responsables des programmes que développe le Gouvernement andalou, il a aussi rencontré le Ministre de l'Environnement en fonction, José Juan Díaz Trillo ; réunion durant laquelle ont été envisagées, parmi d'autres questions, la préadaptation de petits nés en captivité pour des réintroductions, la connexion des populations de Cardeña-Andújar avec Guadalmellato et Guarrizas, l'évolution des zones de réintroduction, la dynamique de population de Doñana, et les possibilités de connexion de Doñana avec la Sierra Morena et/ou le Portugal.

Langues disponibles: Anglais Espagnol
Peu nombreux et isolés

Le lynx ibérique est l'espèce en danger d'extinction la plus emblématique d'Espagne et un symbole du défi que suppose sa conservation. Le vertigineux processus de déclin de ce félin l'a réduit à deux noyaux isolés en Andalousie, Doñana et Andújar, avec respectivement quelques 60 et 200 individus.

On soupçonne que des facteurs génétiques soient cachés derrière la réduction des taux de survie et de reproduction de ces populations. Les recherches en génomique vont être un outil utile pour améliorer les programmes de conservation, tant dans les centres d'élevage en captivité comme dans l'ex situ, en localisant les spécimens présentant des problèmes génétiques.

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