La génétique de conservation
04/07/12 12:51

La population du lynx ibérique triple en 9 ans et atteint les 312 exemplaires

Les interventions réalisées permettent l'amélioration de toutes les populations qui se trouvent à Andújar-Cardeña, Guadalmellato, Guarrizas et Doñana-Aljarafe
Le jeune lynx Hocico.

Le nombre de lynx ibériques en Andalousie a triplé ces neuf dernières années jusqu'à atteindre les 312 exemplaires, selon le recensement de 2011 effectué par les techniciens du Ministère de l'Environnement du Gouvernement andalou. Ceci est dû à des actions réalisées au sein des projets de conservation, qui sont parvenus à augmenter toutes les populations de cette espèce situées dans les zones de Andújar-Cardeña, Guadalmellato, Guarrizas et Doñana-Aljarafe.

Le recensement du lynx ibérique en 2011 a démontré un accroissement de 13 % des exemplaires en regard aux 275 lynx recensés l'année précédente dans tout le territoire andalou et de 231 % face aux 94 enregistrés en 2002. Ces données confirment la tendance générale au redressement connue par le félin ces dernières années. Tout au long d'une décennie, le Gouvernement andalou a supervisé différentes initiatives ayant reçu l'aval de l'Union Européenne en tant que projet Life-Lince.

Quant à l'évolution de la population du lynx, sont particulièrement significatives les données correspondant à la zone de Doñana-Aljarafe, où le nombre d'exemplaires s'est multiplié ces dernières années, passant des 41 lynx recensés en 2002 à 88 en 2011. L'accroissement de 240 % dans la superficie occupée par les félins et dans le nombre de femelles territoriales (19, face aux 17 de 2010) sont des variables liées aux interventions développées dans le cadre du projet Life-Lince, et démontrent que la population de Doñana-Aljarafe pourrait être en train de sortir de sa situation critique.

Dans ce sens, les derniers travaux d'échantillonnage dans l'arrondissement de Doñana ont permis de démontrer que cette augmentation de la superficie qu'occupent les lynx dans la zone est en relation directe avec les interventions réalisées par le Ministère de l'Environnement pour l'amélioration de l'habitat et des populations de lapins, principale proie du lynx. La donnée la plus remarquable est la formation d'un nouveau noyau démographique à Aznalcázar-La Puebla, dans la province de Séville, où vivent 14 lynx.

En plus du nombre total, les estimations réalisées par le Ministère de l'Environnement ont permis d'enregistrer d'autres importantes augmentations dans les différentes populations régionales, comme le nombre de femelles territoriales, exemplaires dont dépend en grande partie le potentiel reproducteur de l'espèce en liberté. Les femelles attachées à un territoire et en âge de reproduction ont augmenté cette année jusqu'à 76, 13 de plus que l'an dernier et bien au-delà des 27 comptabilisées en 2002, quand ont été obtenus les premiers résultats du suivi via caméras cachées. Par là-même, se confirme aussi l'amélioration du taux de reproduction de l'espèce dans le milieu naturel vu le nombre de petits, qui est actuellement estimé à 86 en Andalousie, enregistrant ainsi 58 petits de plus qu'en 2002.

Finalement, la superficie totale de répartition de l'espèce a augmenté jusqu'à atteindre 861 kilomètres carrés, chiffre qui se calculait l'an dernier à 709 kilomètres carrés. Malgré cela, cette année, n'a toujours pas été incluse dans les données de superficie la nouvelle population de Guadalmellato (Córdoba) ni de Guarrizas (Jaén), formée grâce à une intervention pionnière de réintroduction entreprise par le Gouvernement par la libération de trois couples provenant de la Sierra Morena et d'une femelle de Doñana, ce qui a favorisé les premiers phénomènes de connexion naturelle entre populations, cruciaux pour combattre l'endogamie et l'isolement qui ont compromis l'avenir de l'espèce.

Dans la vallée du fleuve, Guarrizas a été sélectionné comme seconde zone de réintroduction en 2010. La nouveauté la plus intéressante est que, pour la première fois, deux petites femelles nées en captivité ont été libérées en même temps que trois autres individus (deux mâles et une femelle) provenant de la population de Andújar-Cardeña.

Quant à l'amélioration de la population, cela s'est réalisé de la même façon dans les deux zones. Ainsi, la Sierra Morena (Andújar-Cardeña) a multiplié par trois ou quatre ses paramètres de population ces 10 dernières années, augmentant la superficie habitée par les lynx et améliorant aussi notablement le reste des variables. De son côté, Doñana semble sortir de la situation critique vécue les années antérieures, et a augmenté notablement le superficie habitée par les lynx , phénomène accompagné d'un accroissement de 115 % de la population, de 111 % de femelles territoriales, et d'une augmentation de 67 % du nombre de petits.

Actuellement, le Gouvernement andalou réalise un suivi annuel du lynx afin de connaître l'état des populations et évaluer le succès des actions de conservation mises en œuvre dans le contexte du projet Life-Lince. Toujours dans cette voie, en plus de l'initiative pionnière de réintroduction réalisée à Guadalmellato et Guarrizas, une autre action importante est le maintien des 169 conventions de collaboration avec les propriétaires et sociétés de chasseurs qui permettent de réaliser des interventions de gestion de l'habitat du lapin et du lynx dans 180.840 hectares de terrains, en plus de celles réalisées dans les 3.334 hectares de propriétés terriennes appartenant au Gouvernement et qui sont peuplées de lynx.

Projet « Iberlince »

Le Gouvernement andalou dirige l'actuel projet Life Iberlince pour la conservation du lynx ibérique. Cette initiative sous l'aile de l'Union Européenne, conjugue les efforts de 18 administrations, entreprises, associations et organisations non gouvernementales avec l'objectif commun d'augmenter la population de ce félin de 66 % dans les cinq prochaines années, ce qui permettrait de diminuer d'un cran le grade de menace de l'espèce selon les critères internationaux de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Parmi les objectifs retenus pour ce troisième projet, il y a celui de récupérer la distribution historique du lynx ibérique à travers les différentes zones d'Andalousie, Castille-La Manche, Estrémadure et Portugal, tout comme celui de renforcer les chiffres de l'espèce, tant en existence d'exemplaires que de populations, établissant de nouvelles régions identifiées comme appropriées.

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Gènes et extinction

N'importe quel changement génétique dans une population en danger d'extinction peut augmenter le risque de disparition définitive. Il s'agit de petits groupes, qui tendent à avoir chaque fois une plus faible diversité génétique, ce qui suppose une réduction de sa capacité d'adaptation aux changements du milieu naturel, essentielle à la survie. De plus, avec si peu de membres, l'endogamie est inévitable, ce qui implique un moindre taux de reproduction et de survie.

La génétique est donc une clé. Pour cette raison, on se sert pour évaluer la situation des populations considérées comme en danger, une information qui est ensuite utilisée pour élaborer les plans de conservation. L'objectif : augmenter la biodiversité et réduire l'endogamie.

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